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Cet été, on sauve les monarques?

Si vous êtes abonné-e à mes réseaux sociaux, vous savez que chez nous on aime beaucoup les bestioles de toutes sortes, notamment les insectes. Les papillons sont en haut de ma liste, d’ailleurs ma toute première recherche documentaire à l’école primaire portait sur le monarque, la fascinant papillon migrateur. Vous vous souvenez des livres encyclopédiques pour enfant «Je découvre… le monde merveilleux des animaux», un animal de chaque côté, d’un côté bleu poudre et de l’autre côté jaune : c’est en lisant ce livre que ma fascination pour les monarques a débuté!

Je découvre...
Le monarque était au verso du coyote, avec la couverture bleu poudre (je n’ai malheureusement pas trouvé la photo) Crédit photo : AbeBooks.fr

Non mais sans farce, des papillons qui migrent du Canada jusqu’au Mexique pour l’hiver, à plus de 4000 km, et qui reviennent ici pour l’été y a de quoi être impressionnée!! Et la chenille du monarque, vraiment toute jolie, avec ses rayures jaunes, noires et blanches : une vraie figurine vivante! Malheureusement, de nos jours, il est de plus en plus rare d’en croiser (je parle comme une vieille personne, ça y est).  Je pense que du haut de ses 6 ans et demi, ma fille qui a pourtant un oeil de lynx pour toutes les bestioles n’a jamais vu de monarques, ou sa chenille,  ailleurs que dans une volière. C’est d’une tristesse…

Par © Derek Ramsey / derekramsey.com, GFDL 1.2, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1613113
Par © Derek Ramsey / derekramsey.com, GFDL 1.2, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1613113

En effet, la population de monarques a diminué drastiquement au cours des dernières années. En 2013-2014 la population la plus faible en 20 ans a été enregistrée selon le World Wide Fund for Nature. Les scientifiques s’entendent tous pour dire qu’en plus des changements climatiques, l’une des raisons principales de sa quasi-disparition est que la seule plante dont les chenilles de monarques se nourrissent,  soit l’asclépiade, se fait de plus en plus rare.

Là je vous entends me dire «mais quessé que c’est ça de l’asc-lé-piade, avec un nom de même ça doit être rare en bâtard!?»
En anglais la plante se nomme «butterfly weed», ça dit tout non! 😉

Asclepias syriaca (a. commune)
Asclepias syriaca (a. commune)

Mais sans blague, vous la connaissez probablement sans le savoir car elle pousse un peu n’importe où, mais elle n’est pas la plus jolie d’entre toutes. Ce n’est pas comme de jolies marguerites qu’on a dont envie de cueillir pour notre maman.  je qualifierais plutôt l’asclépiade commune comme étant un plante assez «low profile» dans le paysage. Vous savez ces plantes fleuries en été qui forment ces fameux cocons de mousses soyeuses tellement amusantes à la fin de de la saison chaude avec lesquels on a tant joué? Ben voilà! Même au 21e siècle, les enfants l’aiment encore, preuve à l’appui ci-dessous. 🙂

Passe à l’action, papillon!

Si vous voulez que les prochaines générations puissent aussi voir de leurs vivant des monarques et être aussi impressionnées que moi lorsque j’ai découvert cette espèce de papillon à la bibliothèque, voici trois choses que vous pouvez faire!

1- Planter de l’asclépiade

Il existe plusieurs variétés d’asclépiades, certaines plus esthétiques que d’autres j’en conviens, donc pourquoi ne pas en planter quelques plants dans votre jardin. Et si un bon matin, les feuilles sont abîmées car elles ont été croquées par des chenilles de monarques, vous pourrez alors déclarer que c’est MISSION ACCOMPLIE! Sérieusement, vous direz que je suis un peu folle, mais je rêve que mon terrain devienne une pouponnière à monarques! Nous pourrons alors observer tout le processus de transformation de la chenille vers le papillon, et sentir que nous avons contribué à sauver l’espèce, tels des superhéros de la banlieue!

Haha, bon je délire un peu, mais plus sérieusement, je suis en plein réaménagement de mon terrain et je compte planter de l’asclépiade tubéreuse, déclarée tout récemment vivace de l’année par la Perennial Plant Association! Avouez que c’est super joli!

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Asclepias tuberosa – www.perennialresource.com

Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas aménager un jardin qui plaira aux papillons, question que le monarque et ses amis des autres espèces puissent butiner à volonté dans votre cour!

Vous trouverez facilement sur le web des listes de fleurs appréciées des papillons, mais gardons en tête que le nectar des fleurs doit être facilement accessible au papillon qui aura besoin de se percher sur la fleur pour butiner, contrairement à une abeille qui peut butiner en plein vol.

Aussi, de plus en plus de centres de jardins disposent d’une section «fleurs à papillons» ou encore d’identifications visuelles pour vous aider à effectuer des choix qui rendront votre domicile plus invitant pour les lépidoptères.

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Vu chez Botanix – Faucher Plantes et Pavés à La Prairie

 

2- Participer à la campagne L’effet papillon

La campagne de sensibilisation L’effet papillon orchestrée par la Fondation David Suzuki vous propose d’entreprendre des actions simples et concrètes pour contribuer à la survie de l’espèce. Notamment en signant le manifeste monarque,  vous vous engagez  ainsi à planter de l’asclépiade, à contacter un centre de jardin pour demander que des asclépiades soient disponibles à la vente, sensibiliser la communauté à l’importance des jardins de fleurs et de l’asclépiade, comme les écoles et les municipalités, sensibiliser nos élus, etc. Jusqu’à tout récemment, vous pouviez aussi acheter des graines d’asclépiade en ligne, mais les stocks sont maintenant écoulés.

Effet papillon

Le site Web est super bien fait, instructif et facile à consulter! En signant le manifeste, vous recevrez par infolettre toutes les actualités en lien avec la cause.

3- Explorer les champs pour Mission monarque

L’Insectarium de Montréal mène actuellement une vaste recherche scientifique pour la sauvegarde du monarque au Canada. Cette étude, intitulée « Mission monarque », a pour but de quantifier et de qualifier les habitats où se reproduisent ces magnifiques papillons afin de déterminer si la présence (abondance et distribution) de l’asclépiade a un effet sur la diminution importante du nombre de monarques de l’Amérique du Nord.

Je compte bien participer à cette mission cet été, j’ai déjà créé mon compte et je vais aller explorer les terrains vagues des environs pour contribuer à recenser l’asclépiade. Une activité intéressante et gratuite à effectuer avec les enfants, tels des scientifiques en herbe!

Pour en savoir plus sur le projet et participer à Mission Monarque, c’est Ici. Vous pouvez aussi utiliser le mot-clic #missionmonarque sur les réseaux sociaux pour partager vos observations!

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Enfin, la bonne nouvelle, c’est que grâce à ces initiatives, de plus de plus de gens sont sensibilisés à la situation. La Ville de Montréal est d’ailleurs devenue récemment la première ville amie du Monarque au Québec, s’engageant entre autres à contribuer à la restauration des habitats de reproduction du monarque.

Personnellement, en plus des actions que je me suis déjà engagées à faire via les L’Effet Papillon et Mission monarque, je crois que ce qui compte le plus c’est que mes enfants arrivent maintenant à reconnaître l’asclépiade et comprennent l’importance de cette plante dans l’écosystème. Ensuite, connaissant leur intérêt pour l’espèce, je suis prête à parier que tous les amis du camp de jour sauront eux aussi la reconnaître d’ci la fin de l’été ! 😉

Et si au moins une personne lit ce texte et entreprend une action, je serai une fille heureuse !

@MarieSoleilTS

Crédit photo à la une : Par © Derek Ramsey / derekramsey.com, GFDL 1.2, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1613042