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La mort de mon chat, ce que je ne referais pas

Le vendredi 30 octobre 2015, nous avons dit au revoir à notre vieux chat Momine qui faisait partie de notre vie depuis 15 ans. En quelque jours, son état de santé s’était détérioré et c’est avec grande tristesse, pour soulager sa souffrance, que nous avons dû le faire euthanasier.

Une expérience inoubliable, d’une tristesse infinie, mais nous savions que c’était la seule la chose à faire pour son bien. Le personnel de la clinique vétérinaire a été si empathique et respectueux. Nous sommes restés là, mon conjoint et moi, à le regarder mourir et à pleurer notre vie pendant de longues minutes. Le flatter une dernière fois, l’abrier de sa couverte favorite, lui dire au revoir.

Mais surtout, se demander comment on allait dire ça aux enfants. C’est ça le pire je dirais. Parce qu’ils savaient qu’il n’allait pas bien, ça se voyait et nous en avions discuté, et ils savaient en quittant pour l’école et le CPE tout déguisé pour l’Halloween ce matin-là, qu’on l’emmenait chez le vétérinaire et que ça se pouvait qu’il ne revienne pas. On a pris des photos avec lui.

Et quand nous leur avons annoncé la nouvelle, nous étions tous ensemble dans l’auto de retour vers la maison et je n’oubliai jamais cet instant si triste. Les pleurs si intenses des enfants qui nous ont transpercé le coeur. Ils étaient inconsolables et nos larmes coulaient sans cesse… ce fut un moment très triste.

Ensuite,  je n’avais pas prévu qu’ils voulaient le voir, les questions pour savoir il est où, la négation, disant qu’il était peut-être correct chez le vétérinaire finalement… oufff! Ils n’ont pas vu Momine décédé et je crois que ça aurait été bénéfique pour boucler la boucle. Si c’était à refaire, je ferais en sorte qu’ils puissent le constater de leurs yeux, sans assister à l’euthanasie.

Et là, mon fils avec son réalisme me questionnait sans cesse sur la logistique. Il est où? Il vont l’emmener où? Ils vont faire quoi avec? Je n’étais pas capable de lui dire qu’il allait se faire incinérer… je sais qu’il aurait paniqué. Je suis donc restée floue, du genre «un endroit où vont tous les chats qui sont morts…»

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Le temps a passé, et quelques mois plus tard nous avons eu un nouveau chat, Flapacha, avec qui nous sommes retournés chez la même vétérinaire. À ma grande surprise, mon fils profite de ce moment pour questionner la vétérinaire et avoir sa version de ce qui était arrivé avec Momine après sa mort et elle répond «Comme tous les chats, il a été incinéré». Mon fils répond, ah oui OK. La vétérinaire me regarde alors avec un regard du genre «C’est-tu correct ce que j’ai dit»? Et moi je me dis OK, elle vient de dire ça…

Dès qu’on arrive dans l’auto, évidemment mon fils pose la question qui tue «c’est quoi cinéré maman?», ma fille qui appuie la requête… Oh shit, c’est là que le chat sort du sac (mauvais jeu de mot ici), que je raconte tout. «Ben… incinérer c’est qu’ils brûlent le corps pour le transformer en cendres…» Silence. Là je me dis OK, on dirait que ça va passer, mais… «Quoi?! Ils ont mis le feu à Momine, ils l’ont brulé?!?» (on sent la panique monter) Moi de rajouter, «Oui, dans un four spécialement conçu pour ça, on fait ça aussi avec les humains quand ils sont décédés». «Dans un four!??!»Ils l’ont brûlé!!!!!» «Moi je vais me faire brûler quand je vais être mort?!!» Et là des pleurs de tristesse et de colère incontrôlables…

À cet instant Momine venait  de mourir une deuxième fois. En arrivant à la maison, ils ont couru trouver les photos du chat et ont pleuré… Scène de film dramatique quoi. Et moi j’étais abasourdie de la scène, de ce qui venait de se passer. Ensuite ils n’en ont jamais reparlé. C’est réglé pour eux, comme on dit.

Mais là, ne vous en faites pas, nous allons bien, et même si nous avons un nouveau chat, nous parlons souvent de Momine car il a encore une grande place dans notre coeur. Non mais, il en avait vécu des choses avec nous. Mon chum (le même qu’aujourd’hui) me l’avait offert à Noël quand j’avais 19 ans, une surprise comme dans les films lors de notre première année en appartement ensemble à Trois-Rivières. Un chaton gris dans une boîte cadeau! Ensuite déménagement dans la «grand ville» downtown Verdun. Toutes ses frasques qui nous ont permis de nous pratiquer à un certain rôle de parent avec lui, parce qu’il était spécial ce chat (évidemment, c’était le mien!). Il a vécu les naissances de nos enfants, se cachant du danger des bébés qui commencent à marcher, et dans ses 3 dernières années vie, sa patience infinie pour les folies des enfants, déguisements, mise en scène, nous a surpris. Et que dire de l’aide avec les devoirs de mon plus grand, alors là, il nous a éblouis!

Ce que je retiens de l’histoire de la mort de Momine, c’est que même si c’est dur, que ça nous fait de la peine, qu’on a peur de faire plus de peine, vaut mieux tout dire. Tout finit par se savoir.

Merci pour tout Momine, tu nous auras appris beaucoup de choses même après ta mort, un vrai King!

#RIPMomine

@MarieSoleilTS